HUGUES PANASSIÉ

ET LE
BULLETIN DU

 HOT CLUB DE FRANCE

   LES CHRONIQUES DE DISQUE 

Ecoutez des chef-d'œuvres du jazz tout en lisant la chronique
d'Hugues PANASSIÉ !

 
Runnin' Wild (1935)        JIMMIE LUNCEFORD

Eddie Tompkins (tp), Sy Oliver (tp), Paul Webster (tp), Elmer Crumbley (tb), Russsel Bowles (tb), Eddie Durham (tb & g), Willie Smith (als), Earl Carruthers (bs), Joe Thomas (ts), Edwin Wilcox (p), Al Norris (g), Moses Allen (b), James Crawford (d)

 

 

 




Bulletin du Hot Club de France N° 151 octobre 1965

 

Runnin' Wild, brillant arrangement de Willie Smith, comprend cinq chorus :

 

Un exposé d'ensemble, qui se change d'ailleurs en variations dès le début de la seconde moitié du chorus ; un chorus arrangé pour les saxos alternant avec Paul Webster à la trompette, se terminant par un impressionnant « coup de frein », comme me dit un jour Django Reinhardt à l'audition de ce disque (Django raffolait de Lunceford, comme tous les musiciens d'ailleurs, même des chanteurs de blues tel que Memphis Slim).

 

Ce coup de frein amène un 3° chorus contrastant avec les précédents : Sy Oliver joue de la trompette bouchée avec légèreté, simplicité et humour (les effets vocaux sont de Paul Webster, si ma mémoire ne me trahit pas). Joe Thomas (vigoureux ! ) prend la première moitié du 4° chorus, soutenu par des riffs de trombones; les trombones jouent les 8 mesures suivantes, et la fin du chorus amène un renversant break orchestral à l'unisson qui amène lui-même un dernier chorus à tout casser, l'orchestre exécutant des riffs à l'unisson tandis qu'Eddie Tompkins brode dans l'aigu de la trompette.

 

 

Le chorus terminé, Paul Webster joue seul dans l'aigu de la trompette, avec des ponctuations d'orchestre; puis Tompkins prend sa suite, accompagné par le seul Jimmy Crawford qui swingue en crescendo à la batterie; et lorsque Tompkins termine, tout l'orchestre rentre en force pour une suprême phrase.

 

Quelle coda !